← Retour aux ressources
Outils

Tableur vs logiciel de cap table : pourquoi passer à un outil dédié ?

L'équipe Regicap·24 février 2026·8 min de lecture

La plupart des startups françaises commencent avec un tableur Excel ou Google Sheets pour gérer leur cap table. C'est rapide, gratuit, et suffisant pour 3 actionnaires et 10 000 actions. Mais dès que la structure se complexifie, le tableur devient un passif plutôt qu'un actif : formules cassées, versions multiples, registre légal séparé qui diverge, calculs de dilution impossibles à auditer. À quel moment faut-il passer à un logiciel dédié, et qu'est-ce que cela change concrètement ?

Ce que fait (bien) un tableur

Soyons honnêtes : pour une société toute jeune avec deux fondateurs et un capital social de 1 000 €, un tableur fait le travail. Il liste les actionnaires, leurs actions, et calcule leurs pourcentages. C'est lisible, partageable, et chacun sait modifier un CSV.

Le tableur excelle aussi pour les simulations rapides avant une levée : vous saisissez quelques hypothèses et visualisez l'impact sur l'ownership. Pour ce type d'exploration ad hoc, un tableur reste un outil valide même pour des startups avancées.

Où le tableur échoue

Le registre légal est séparé

Votre tableur n'est pas le registre des mouvements de titres. Ce registre est une obligation légale (article R. 228-10 du Code de commerce) : il doit retracer chaque mouvement d'actions dans l'ordre chronologique, avec les dates, les parties et les volumes. Dans la pratique, le tableur et le registre légal divergent rapidement. Des mouvements sont enregistrés dans l'un mais pas dans l'autre. La réconciliation prend des heures avant chaque due diligence.

Les BSPCE et le vesting ne se gèrent pas bien dans un tableur

Imaginez 20 salariés avec des BSPCE, chacun à des dates d'attribution différentes, des prix d'exercice différents, des durées de vesting différentes. Pour calculer les droits acquis de chaque salarié à une date donnée, il faut une logique de date conditionnelle dans Excel qui s'avère fragile et difficile à auditer. En cas d'erreur, personne ne le voit.

Un logiciel dédié recalcule automatiquement le vesting pour chaque bénéficiaire à chaque date, gère les cliffs, les accélérations et les départs.

La base fully diluted n'est jamais vraiment juste

Dans un tableur, la base fully diluted est souvent calculée manuellement. On oublie d'intégrer les BSA Air en circulation, ou les OCA dont la conversion n'a pas été modélisée. En conséquence, les pourcentages communiqués aux investisseurs sont faux, et la correction en due diligence est embarrassante.

Les versions prolifèrent

"Cap table v12 finale VF 2 bis.xlsx". Vous connaissez le problème. Quand l'avocat, l'expert-comptable, les fondateurs et l'investisseur travaillent chacun sur une version du tableur, il devient impossible de savoir laquelle est la source de vérité.

Aucune traçabilité des modifications

Dans un tableur, si quelqu'un modifie un chiffre par erreur, rien ne le signale. Pas d'historique, pas de log d'audit. Dans une négociation avec un investisseur, cette absence de traçabilité est un signal négatif.

Ce qu'un logiciel dédié apporte concrètement

Un registre légal automatisé

Un bon logiciel de cap table génère automatiquement le registre des mouvements de titres au format requis par le droit français (article R. 228-10). Chaque mouvement est enregistré avec sa date, ses parties et ses volumes. Le registre est toujours à jour, exportable en PDF, prêt pour une due diligence.

Le calcul fully diluted en temps réel

Le logiciel intègre tous les instruments dilutifs : actions ordinaires, actions de préférence, BSPCE avec leur planning de vesting, BSA Air avec leur cap et discount, OCA avec leurs modalités de conversion. La base fully diluted est recalculée automatiquement à chaque modification.

La gestion du vesting par salarié

Pour chaque bénéficiaire de BSPCE, le logiciel suit le planning de vesting, affiche les droits acquis à ce jour, et alerte en cas de départ ou de cliff imminent. À la date d'un rachat ou d'une cession, il calcule automatiquement les actions exercées et les plus-values potentielles.

Une source de vérité unique

Tous les acteurs (fondateurs, avocat, expert-comptable) travaillent sur la même plateforme, avec des droits d'accès différenciés. Fini les versions multiples.

La modélisation de scénarios

Avant une levée, vous simulez différents scénarios : valorisation, montant levé, taille de l'option pool, liquidation préférentielle. Le logiciel recalcule instantanément l'ownership post-levée pour chaque actionnaire.

Quand passer à un logiciel dédié ?

Voici les signaux qui indiquent qu'il est temps :

SignalAction recommandée
Première attribution de BSPCE (même à un seul salarié)Migrer maintenant
Plus de 3 actionnaires différentsEnvisager la migration
Premiers BSA Air en circulationMigrer maintenant
Due diligence dans les 6 moisMigrer immédiatement
Votre expert-comptable et votre avocat ont des versions différentesMigrer immédiatement

La règle pratique : migrez avant votre première attribution de BSPCE. C'est le moment où la complexité commence, et il est bien plus facile de partir sur une base propre que de migrer une structure existante avec des incohérences.

Le cas des outils américains (Carta, Pulley, Ledgy)

Les outils leaders du marché mondial sont conçus pour le droit américain ou britannique. Ils gèrent nativement les stock-options US (ISO, NSO), les RSU, les Delaware C-Corp structures. Pour les BSPCE et les spécificités de la SAS française (actions de préférence, registre des mouvements de titres au format R. 228-10), ils manquent soit de fonctionnalités, soit de support.

Un outil adapté au droit français permet de :

  • Générer un registre conforme à l'article R. 228-10 du Code de commerce
  • Gérer nativement les BSPCE (article 163 bis G du CGI) avec leur régime fiscal spécifique
  • Calculer la fiscalité à la cession selon les règles françaises (PFU, prélèvements sociaux)

La migration depuis un tableur

Si vous avez déjà une cap table dans un tableur, la migration vers un logiciel dédié demande de reconstituer l'historique des mouvements. Voici les étapes :

  1. Reconstitution historique : listez tous les mouvements d'actions depuis la création (création de capital, augmentations, cessions, attributions de BSPCE)
  2. Réconciliation avec les documents légaux : comparez avec vos actes d'AGE, bulletins de souscription et PV de conseil
  3. Import dans le logiciel : la plupart des logiciels proposent un template d'import ou une assistance à la migration
  4. Validation avec votre avocat : faites valider l'état de votre cap table reconstituée avant de l'utiliser comme référence

Regicap : conçu pour les startups françaises

Regicap est le seul logiciel de cap table conçu nativement pour le droit français. Il gère les BSPCE, les BSA, les actions de préférence de SAS, et génère automatiquement le registre des mouvements de titres conforme à la réglementation française.

Rejoindre la liste d'attente

Regicap

Gérez votre cap table sans friction

Conçu pour les SAS françaises : BSPCE, BSA, AGA, registre des mouvements de titres. Commencez gratuitement, migrez en quelques jours.