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Instruments

AGA vs BSPCE : quel dispositif d'intéressement choisir en 2026 ?

L'équipe Regicap·13 janvier 2026·8 min de lecture

Les AGA (actions gratuites) et les BSPCE sont les deux principaux dispositifs d'intéressement en actions pour les startups françaises. Si les BSPCE sont l'instrument dominant pour les premières embauches, les AGA présentent des avantages spécifiques dans certaines situations. Ce guide vous aide à choisir.

La confusion entre les deux est fréquente, et elle coûte cher : un mauvais choix d'instrument peut entraîner une imposition excessive pour vos collaborateurs, des complications lors de la levée de fonds suivante, ou une dilution mal anticipée dans votre cap table.

Les actions gratuites : de vraies actions, pas des options

L'AGA (attribution gratuite d'actions), régie par les articles L. 225-197-1 à L. 225-197-6 du Code de commerce, est un mécanisme par lequel la société attribue définitivement des actions à un bénéficiaire à l'issue d'une période d'acquisition (vesting minimum de un an depuis la loi Macron 2015, porté à deux ans dans les pratiques courantes).

Comment fonctionnent les AGA

À la date d'attribution, la société s'engage à transférer des actions à titre gratuit, sous condition de présence pendant la période d'acquisition. Au terme de cette période, le bénéficiaire devient propriétaire effectif des actions. Il peut alors les conserver pendant une période de conservation (généralement un an supplémentaire) avant de les céder.

La différence fondamentale avec les BSPCE : les AGA sont de vraies actions, pas des options. Le bénéficiaire ne verse aucun prix d'exercice. En revanche, il détient des actions réelles dès la fin de la période d'acquisition, et donc dès lors il supporte les risques actionnariaux.

Impact sur la cap table

C'est le point le plus important pour les fondateurs : les AGA diluent immédiatement lors de leur attribution (ou plus précisément lors de l'augmentation de capital qui permet leur émission), alors que les BSPCE ne diluent qu'à l'exercice. Si vous attribuez 5% du capital en AGA à un salarié, ces 5% sont immédiatement présents dans votre table de capitalisation, qu'ils soient acquis ou non.

Cette dilution anticipée peut compliquer les négociations avec les investisseurs, qui calculent leur participation sur la base fully diluted.

Fiscalité des AGA

Le régime fiscal des AGA est significativement moins favorable que celui des BSPCE pour les bénéficiaires :

  • À l'acquisition (fin de la période de vesting) : le gain d'acquisition (valeur des actions au moment où elles deviennent acquises) est imposé comme un avantage en nature, soumis aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS sur la fraction excédant 300 000 €), avec un abattement de 50% pour la fraction inférieure à 300 000 €.
  • À la cession : la plus-value de cession (différence entre prix de vente et valeur à l'acquisition) est imposée au taux du PFU (30%).

Pour la société, les AGA génèrent une contribution patronale spécifique, actuellement fixée à 20% de la valeur des actions lors de leur attribution (sauf pour les PME non cotées sous certaines conditions).

Les BSPCE : l'option fiscalement optimale pour les startups éligibles

Pour un rappel complet du mécanisme BSPCE, voir notre guide BSPCE vs BSA vs stock-options. En résumé : le gain est imposé uniquement à la cession des actions, au taux flat de 30% (PFU), sans cotisations sociales ni imposition à l'exercice. C'est structurellement plus favorable que les AGA pour des bénéficiaires qui n'exerceront leurs droits qu'à l'exit.

Exemple chiffré comparatif

Scénario : vous attribuez à votre première ingénieure 1 000 titres. La valeur par action au moment de l'attribution est de 10 €. Lors d'un exit trois ans plus tard, la valeur est de 80 €.

Avec AGA :

  • Gain d'acquisition : 1 000 × 10 € = 10 000 €, imposé comme avantage en nature (taux marginal + prélèvements sociaux, disons 55% tout compris) = impôt à l'acquisition d'environ 5 500 €
  • Plus-value de cession : 1 000 × (80 - 10) = 70 000 €, imposés à 30% = 21 000 €
  • Total net : 1 000 × 80 € - 5 500 - 21 000 = 53 500 €

Avec BSPCE (prix d'exercice 10 €) :

  • Aucune imposition à l'attribution ni à l'exercice
  • Gain à la cession : 1 000 × (80 - 10) = 70 000 €, imposé à 30% = 21 000 €
  • Total net : 70 000 - 21 000 = 49 000 €

À première vue, les AGA semblent ici légèrement plus favorables (53 500 € vs 49 000 €) : mais c'est parce que dans cet exemple, l'action a beaucoup progressé relativement à sa valeur initiale. Si la valeur à l'acquisition avait été plus haute (par exemple si l'attribution intervient lors d'un tour de Série A à 50 € l'action), les AGA deviennent nettement désavantageuses. Et surtout, avec les AGA le bénéficiaire doit sortir les 5 500 € de sa poche au moment de l'acquisition, sans nécessairement avoir la liquidité pour le faire.

Quand choisir les AGA plutôt que les BSPCE ?

1. La société n'est plus éligible aux BSPCE : si elle a plus de 15 ans, si elle est cotée au-delà du seuil, ou si la composition du capital ne satisfait plus les conditions de l'article 163 bis G du CGI, les AGA sont une alternative naturelle.

2. Le bénéficiaire est un dirigeant non éligible aux BSPCE : les gérants majoritaires de SARL, par exemple, ou certains mandataires sociaux dans des structures spécifiques.

3. Le management package : dans les opérations de LBO ou de recapitalisation, les AGA sont parfois structurées dans des schémas complexes où la fiscalité globale est optimisée par ailleurs.

4. L'attribution immédiate sans strike price est souhaitée : pour des salariés seniors qui rejoignent avec une valeur immédiatement reconnue, l'absence de prix d'exercice peut être un argument de recrutement.

Règle de base pour les startups françaises

Pour la grande majorité des startups françaises en phase early-stage à Série A, les BSPCE restent le meilleur choix : régime fiscal supérieur pour le bénéficiaire, pas de dilution immédiate dans la cap table, pas de contribution patronale. Utilisez les AGA uniquement lorsque les BSPCE ne sont plus disponibles ou adaptés.

Pensez également à votre plan de vesting et de cliff : ces paramètres s'appliquent aux deux instruments et sont aussi importants que le choix du véhicule lui-même. Voir notre guide vesting et cliff.

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