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Instruments

BSPCE vs BSA vs stock-options : quel instrument choisir pour vos salariés ?

L'équipe Regicap·6 janvier 2026·9 min de lecture

Quand une startup française veut associer ses salariés à sa création de valeur, trois instruments principaux s'offrent à elle : les BSPCE, les BSA et les stock-options. Ces trois mécanismes partagent une logique commune : permettre à un bénéficiaire d'acheter des actions à un prix fixé à l'avance : mais ils diffèrent radicalement sur leurs conditions d'éligibilité, leur traitement fiscal et leur impact sur la cap table.

Choisir le bon instrument n'est pas qu'une question technique : c'est souvent la différence entre un plan qui motive durablement votre équipe et un plan qui génère des déceptions à l'exit.

Les BSPCE : l'instrument de référence des startups françaises

Les Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise (BSPCE) ont été créés par la loi de finances 1998 et sont aujourd'hui codifiés à l'article 163 bis G du Code général des impôts. Ils sont conçus spécifiquement pour les startups françaises et offrent le régime fiscal le plus favorable pour les bénéficiaires.

Conditions d'éligibilité de la société émettrice

Pour émettre des BSPCE, la société doit remplir simultanément plusieurs conditions :

  • Être immatriculée en France (ou dans un État de l'UE/EEE sous conditions)
  • Avoir moins de 15 ans d'existence au moment de l'émission
  • Ne pas être cotée en bourse (ou avoir une capitalisation inférieure à 150 M€)
  • Avoir été créée de manière continue (pas d'absorption d'une société existante)
  • Avoir au moins 25% du capital détenu par des personnes physiques ou des holdings elles-mêmes détenues à 75% par des personnes physiques

Ces critères excluent les filiales de grands groupes et les sociétés trop matures. Une startup qui lève son premier tour respecte généralement toutes ces conditions sans difficulté.

Qui peut en bénéficier ?

Les BSPCE sont réservés aux salariés et aux dirigeants fiscalement assimilés à des salariés (présidents de SAS, gérants majoritaires exclus). Les prestataires externes, consultants et membres du conseil de surveillance ne peuvent pas en bénéficier : c'est ici que les BSA prennent le relais.

Fiscalité des BSPCE

C'est l'atout principal : le gain réalisé lors de la cession des actions souscrites via BSPCE est imposé comme une plus-value mobilière, au taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux), dès lors que la société n'est plus en situation de startup éligible au dispositif ou que le bénéficiaire cède plus de trois ans après l'exercice des bons.

Aucune imposition n'intervient ni à l'attribution des BSPCE, ni à leur exercice. Seule la vente des actions déclenche l'impôt. C'est ce différé d'imposition qui rend les BSPCE particulièrement attractifs.

Les BSA : la flexibilité au prix du traitement fiscal

Les Bons de Souscription d'Actions (BSA) sont régis par l'article L. 228-91 du Code de commerce. À la différence des BSPCE, ils ne sont soumis à aucune restriction quant à la société émettrice ni aux bénéficiaires : une société de 20 ans peut en émettre, et un consultant ou un advisor peut en recevoir.

Avantages des BSA

  • Aucune condition sur l'âge ou la structure du capital de la société
  • Bénéficiaires non limités aux salariés : advisors, prestataires, business angels
  • Grande flexibilité dans la structuration (prix d'exercice, conditions d'exercice, durée)

Fiscalité des BSA

C'est ici que le BSA perd face au BSPCE. Le gain d'exercice (différence entre valeur réelle de l'action au moment de l'exercice et prix d'exercice) est traité comme un avantage en nature, soumis aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu au barème progressif si l'administration fiscale requalifie l'opération.

Pour les BSA attribués à titre onéreux (le bénéficiaire paye un prix pour le bon lui-même), la plus-value de cession peut bénéficier du régime des plus-values mobilières. Mais la frontière entre attribution à titre gratuit et à titre onéreux est délicate à naviguer sans conseil fiscal.

Les stock-options : possible en SAS, rarement optimal

Les options de souscription ou d'achat d'actions (stock-options) sont prévues par les articles L. 225-177 à L. 225-186-1 du Code de commerce. Elles sont techniquement utilisables dans une SAS, mais leur régime fiscal est moins favorable que les BSPCE pour les bénéficiaires.

La plus-value d'acquisition (gain à l'exercice) est imposée comme un salaire : avec cotisations sociales : si les actions sont cédées dans les deux ans suivant l'exercice, ou dans les quatre ans suivant l'attribution. Au-delà, elle peut bénéficier d'un traitement de plus-value avec abattement. Ce régime complexe et moins favorable explique pourquoi les startups françaises optent massivement pour les BSPCE.

Tableau comparatif

CritèreBSPCEBSAStock-options
Société éligibleMoins de 15 ans, non cotée, capital détenu à 25%+ par des personnes physiquesToutes sociétésToutes SA et SAS
BénéficiairesSalariés et dirigeants assimilésToute personneSalariés et dirigeants
Imposition à l'attributionAucuneAucuneAucune
Imposition à l'exerciceAucuneRisque de requalification en revenuCotisations sociales si cession < 2 ans après exercice
Imposition à la cessionPFU 30% (plus-value)PFU 30% si attribués à titre onéreuxVariable selon durée de détention
ComplexitéModéréeFaible à modéréeÉlevée
Usage typiqueÉquipe salariée de startup éligibleAdvisors, prestataires, sociétés non éligiblesRare en France

Quelle recommandation pour une startup française ?

Règle générale : utilisez des BSPCE tant que vous êtes éligibles. C'est l'instrument le plus avantageux fiscalement pour vos salariés, le plus simple à documenter et le plus répandu dans l'écosystème français. Vos candidats connaissent les BSPCE ; peu comprennent les subtilités des BSA.

Utilisez des BSA pour les non-salariés : advisors, membres de conseil consultatif, prestataires stratégiques qui ne peuvent pas recevoir de BSPCE.

Utilisez des BSA Air pour vos tours de financement convertibles pre-seed (voir notre article sur le BSA Air vs SAFE).

Évitez les stock-options dans une SAS : leur régime fiscal inférieur aux BSPCE n'a aucune contrepartie pratique dans le contexte d'une startup française.

Lorsque votre société dépasse les critères d'éligibilité BSPCE (15 ans, cotation, etc.), c'est le moment de basculer sur des BSA ou des AGA. Pour ce comparatif, consultez notre guide AGA vs BSPCE.

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